La recherche est un enjeu déterminant pour les pays africains afin tirer parti « d’un monde de savoir ». C’est en effet devenu pour des pays comme le Sénégal une nécessité d’internaliser les avantages de l’économie du savoir. Pour cela, il urge de faire face aux nombreux défis relatifs à la recherche scientifique, par ricochet, qui touchent les acteurs qui s’y impliquent. Cette étude diagnostique expose ainsi les principaux défis pour la recherche au Sénégal avec un accent particulier sur ceux des jeunes chercheurs du pays. De façon spécifique, il s’agit du management léthargique, de l’insuffisance des ressources (humaines, financières, techniques et technologiques), de l’absence de stratégie nationale de la recherche, etc. Cependant, elle vient permettre de dégager des axes stratégiques pour une démarche contributive d’un forum de chercheurs notamment les plus jeunes. Ceci doit se traduire par l’adoption de politiques de mise en œuvre cohérentes et efficaces pour impacter le domaine de la recherche et impulser de nouvelles dynamiques au bénéfice des communautés. Il est alors pertinent de remarquer qu’une telle volonté requiert de l’effort permanent des générations qui ont mission de façonner leur devenir propre. Même si, comme le précise bien Albert Camus, « chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde », il s’agira ici d’établir de véritables liens entre la recherche et les sociétés.
Cette étude sur la perception des étudiants de l'UCAD concernant la suspension des activités pédagogiques entre juin 2023 et février 2024 révèle des impacts importants de cette interruption prolongée. Ainsi, pour ¾ des étudiants, les déterminants de cette interruption étaient liés à des raisons politiques et le même effectif d’étudiants ont jugé la suspension des cours soit illégitime, soit inappropriée. Par ailleurs, 91% de l’échantillon ont négativement apprécié cette rupture des activités pédagogiques en présentiel sur leur progression académique. En outre, les cours en ligne, mis en place pour la reprise graduelle, ont été jugés « non efficaces » par 47% des étudiants, tandis que 32% les ont trouvés « efficaces ». Seulement 13% les ont qualifiés « d'efficients ». En plus, l'étude a identifié que les enjeux de la reprise sont perçus comme étant principalement « pédagogiques » (45%), suivis par des enjeux « sociaux » (31%) et « sécuritaires » (24%). Cette perception reflète les priorités des étudiants, avec une attention particulière sur la disponibilité des amphithéâtres (43%), des ressources pédagogiques (34%) et le déploiement de la formation à distance (23%). Sur le plan social, les étudiants ont souligné des enjeux cruciaux tels que le logement (39%), la restauration (28%) et le cadre de vie (22%). Ces derniers sont essentiels pour assurer un environnement d'apprentissage stable et propice à la réussite académique. Concernant la sécurité sur le campus actuellement, la majorité des étudiants ont exprimé un sentiment de sécurité (86%). Toutefois, ils ont également préconisé la création d'un comité de sécurité englobant étudiants, personnel, universitaires et forces de sécurité (73%) pour renforcer les mesures de sécurité et assurer un environnement académique sécurisé et propice à l'apprentissage. En définitive, la suspension des activités pédagogiques a eu des effets diversifiés sur les étudiants de l'UCAD, touchant à la fois leur progression académique, leur bien-être social et leur perception de la sécurité. Pour atténuer ces impacts et préparer une meilleure reprise, il est recommandé de renforcer les infrastructures pédagogiques, améliorer les ressources en ligne, et mettre en place des mesures de soutien social et de sécurité robustes. La participation active des étudiants dans la planification et la mise en œuvre de ces mesures est cruciale pour garantir leur succès et leur acceptation